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Les motivations qu’ont exprimées les participants de cette commission sont à trois niveaux :
Un choix qui s’appuie sur un vécu individuel ou collectif, le plus souvent aiguisé par une expérience associative ou professionnelle.
Des intérêts portés sur divers thématiques : logement, exclusions, urbanisme, aménagement urbain, petite enfance, sécurité-insécurité-violences, politique sociale, politique de la ville, quartiers de la ville, agglomération…
La volonté de s’inscrire dans une démarche politique alternative.
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Ont participé à cette réunion 24 personnes.
La teneur des premiers échanges :
Différents points transparaissent de la discussion à "bâtons rompus " qui a eu lieu. Pour une présentation claire, ce compte rendu essaie de les synthétiser et de les articuler.
Place et objectifs de cette commission.
D’une première interrogation sur la participation effective d’habitants des quartiers à cette réunion, s’est dégagée l’impérieuse nécessité pour cette commission de s’appliquer à organiser des réunions de terrain. Avec un souci permanent de donner aux habitants les "outils " d’expression, de rendre possible la prise de parole. Le tout dans un va et vient permanent entre la commission, les habitants et "motivé-e-s le local ". Mais au-delà il faut permettre un fonctionnement informel, avec une diversité de modalités d’action, notamment à partir du réseau qu’entretient chaque participant dans son environnement personnel et ses activités. Une manière de voir quelles préoccupations sortent de notre diversité.
Le travail passera aussi par la participation à des moments extérieurs au groupe, s’appuyant sur le tissu actif de la ville. C’est par exemple le cas d’une réunion organisée à la fin du mois à la Maison de Quartier de Bagatelle à laquelle participeront quelques uns d’entre nous.
Préalable, définition de la ville et des quartiers.
Avant toute réflexion sur la participation et l’action de tous dans le cadre de la ville, il a paru nécessaire de s’intéresser à l’idée, la notion de quartiers et de s’interroger sur les différentes questions qu’elle soulevait. Délimitation, identités, rôle dans le processus de stigmatisation des populations, ses relations avec l’échelle de la ville…
Il y a aussi à réfléchir sur la pertinence de la notion dans la logique de développement de l’agglomération.
L’approche du quartier doit renvoyer à une réalité : nous habitons tous un quartier, une unité à taille de vie humaine. Le quartier, c’est où j’habite, et donc où je dois satisfaire certains besoins (biens et services), et entretenir des relations à l’autre. Et l’ensemble de ces quartiers connaît des problèmes engendrés par des choix politiques qu’il faut se réapproprier collectivement.
La notion de quartier a aussi une dimension dans le processus de ghettoïsation et de stigmatisation. C’est important par son rôle d’identification : des effets d’environnement que le quartier peut avoir dans la construction des personnalités des enfants, des jeunes… C’est aussi important dans les choix d’urbanisme : "Aux Izards il n’y a pas Arnaud Bernard, il n’y a pas une Place du Capitole où des gens différents se rencontrent. "
Méthodologie quand tu nous tiens…
Quelle démarche devons-nous mettre en place pour effectuer le travail du terrain ?
Une solution définitive semble s’imposer : il ne s’agit pas d’adopter une position de recueil de doléances que nous traduirions en revendications politiques. Mais plutôt de mutualiser nos démarches, d’enrichir le tout par la confrontation dans le débat public où se construiront les orientations, les actions…
Les tendances de la ville.
Voir la ville c’est surtout englober largement les spécificités des quartiers. Pourtant on peut dégager de grandes tendances de la haute couture immobilière et urbanistique qui fait ses défilés dans les salons des pouvoirs publics : une multitude de projets immobiliers engendrent des petits ensembles, généralement clos, comme une privatisation de l’espace, que ce soit à côté de grands ensembles, dans les quartiers anciens, en zones résidentielles…
La traduction concrète en est un urbanisme qui pose question en terme d’équipements (scolarité, loisirs…), en terme d’équilibres de la ville.
Il faut donner à tous les quartiers les moyens de "vivre le centre-ville ". Rééquilibrer les moyens donnés pour faire vivre le centre ville et ceux donner aux quartiers, pour y faire vivre de tout.
Voir la ville comme un ensemble de "quartiers " ouverts à "l’autre ", qu’à chaque endroit de la ville on puisse s’y sentir bien.
L’idée de mobilité.
L’idée de quartiers ouvert renvoie à la question de la mobilité. Car il y a bien là une limite à la politique de quartiers : on est d’un quartier et d’ailleurs. La mobilité urbaine rend archaïque l’organisation sous forme de villages. C’est la question des transports, mais aussi des équipement collectifs et publics… avec le problème de la dimension de ces structures de vie, et des passerelles entretenues entre elles. Alors que la politique de la ville actuelle repose sur un zonage dans lequel les projets du tissu associatif se trouvent mis en concurrence pour des questions de financement.
D’autres approches de la mobilité urbaine ont été présentées. Parce qu’elle est ambiguë cette mobilité. Mobilité pour quoi faire, "parce que si c’est pour aller à Carrefour… " ? La proximité est créatrice de lien social, et si la mobilité est nécessaire, matériellement, pour assurer du brassage, il faut aussi pouvoir valoriser la dimension de proximité de manière à ce que le quartier ne se résume pas en un dortoir.
Par ailleurs les quartiers stigmatisés vivent une mobilité particulière. Ou plutôt ils sont vécus dans une certaine mobilité. Ils sont vécus comme des zones transitoires, en attendant de pouvoir habiter ailleurs… Et comme le centre ville est inaccessible, et de plus en plus impropre à l’habitation (bureaux, commerces…)…
Le temps de l’action
Au-delà de la période des élections, il faut intégrer dans notre action le fait que le temps de l’action est un temps long. L’expérience d’A. Bernard se situe par exemple sur un temps de 20 années au moins. Il faut aussi intégrer le "temps de la participation ", le temps que la possibilité de participer se transforme en participation effective des habitants.
Ce temps de l’action a deux dimensions : " Il faut du temps pour améliorer les choses sur un quartier, il en faut très peu pour que cela se dégrade. " C’est notamment le cas pour tout ce qui concerne les problèmes de violence et d’insécurité, ça l’est aussi pour les liens qui peuvent disparaître entre des quartiers. Aujourd’hui, deux quartiers proches comme les Minimes et Bourbaki ne vivent plus rien en commun.
Privilégier une approche globale
Deux raisons à ce choix : la nécessité d’une mise en perspective, d’une articulation avec la notion d’intérêt général de toutes les thématiques abordées. Et la volonté de ne pas faire comme les autres, intervenir sur les bases d’une sectorisation qui diluent les problèmes et les responsabilités-compétences.
" Tout a la même valeur et fait partie d’un projet global. "
La question de la compétence de la collectivité communale se pose de manière forte. Les premiers échanges ont privilégié une approche de cette question sur la base d’un "principe de réalité " : le sort des SDF fait intervenir autour de l’Etat d’autres intervenants, mais ces SDF habitent la ville… Dans la mesure où cette diffusion des responsabilité implique un dessaisissement des citoyens, il faut bien privilégier une vision globale.
Ce qui en est sorti comme proposition de travail :
La trame "droits-lien social-cadre de vie " transparaît un peu des échanges de la première réunion.
Trois axes ont été dégagés :
Travailler à une synthèse de ces échanges pour parvenir à dégager des minima politique pour chaque question qui nous occupera.
Définir une méthodologie souple pour nos réunions de proximité (liens avec asso existantes…)
Lister et analyser les luttes engagées sur la ville sur les thématiques que nous nous fixons.
Ce travail s’effectuera sur des thématiques que nous essayerons de définir à la deuxième réunion autour de trois pôles sortis des discussions : logement, les services (publics et autres), l’espace public.
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