Compte-rendu de la commission du 10 janvier 2001. Les "cités "

Trois questions sur lesquelles il faut plancher :

Quelle est la réalité de ces quartiers ? (Celle qui est subjectivement vécue par les habitant-e-s et celle qui est objectivement analysable en terme de taux de chomage, d’échec scolaire...) Répondre à cette question nous permettra de mesurer les difficultés qui s’y posent concrètement en se libérant de l’imaginaire colporté souvent par les médias. Ce qui devrait peut-être nous permettre d’analyser ces difficultés comme des problèmes sociaux ou sociétaux qui n’ont malheureusement été jusque là posé par les politiques qu’en terme de sécurité.

Quelle est la nature des changements qui se sont opérés dans les quartiers qui conduisent à la situation que nous connaissons aujourd’hui ? Il faut comprendre ces mutations car il ne suffit peut être pas de voir cette situation comme un simple effet du chômage, l’échec d’un modèle d’urbanisme ou encore comme la conséquence d’une conjoncture défavorable. Le déficit de citoyenneté, la difficulté de l’insertion professionnelle des jeunes... conduisent à penser que la situation peut peut-être s’analyser en terme d’exclusion.

Quelles sont les politiques sociales menées dans ces quartiers ? S’agit il véritablement de politiques sociales ? Pour quelles raisons ont elles échoué ? Quel contenu donner à la volonté politique que l’on souhaite voir se mettre en oeuvre ? Autrement dit, les Motivé-es, qu’est ce qu’on propose ? Avant de formuler des propositions il faut qu’on réponde à la question laissée en suspend la dernière fois à savoir : y a t’il des problèmes spécifiques dans ces quartiers ? ou ne sont ils que le miroir grossissant des symptômes d’une société malade ? La deuxième hypothèse voudrait dire qu’il n’y a pas de problèmes spécifiques, la seule différence qui s’y joue c’est qu’ils se présentent dans ces espaces de manière plus accentuée et concentrée. La différence avec les autres problèmes sociétaux est elle qualitative ou quantitative (ou les deux) ? Motivé-e-s, A vos neurones car nous n’avons pas encore tranché sur ce point.

Première mise en ligne : 12 janvier 2001

CONTENU DU DEBAT

La réalité des quartiers

A quoi renvoient les expressions attachées à ces espaces : " cités à problème ", "zone de non droit "… ? Quelles images se construisent alors ? Souvent des images négatives. Certains proposent que l’on adopte une autre démarche et que l’on tente de relever les points positifs. Cela permettrait de ne pas tomber dans l’écueil de la stratégie du bouc émissaire. En même temps à vouloir valoriser l’image des quartiers ne reviendrait il pas à occulter une grande partie de la réalité ? Quelle est cette réalité ? On fait le constat de la dégradation de la situation : accumulation et concentration des difficultés (chômage, échec scolaire, précarité, délinquance, toxicomanie, violence, exclusion.)

Etre vigilant -à l’ethnicisation des problèmes
-  à bien distinguer les problématiques liées à l’immigration et celles relatives aux populations défavorisées. Un amalgame dangereux. De plus celles liées à l’immigration se rapprochent souvent de schémas connus pour le monde rural ou le monde ouvrier.

Les populations

Les jeunes :

Les difficultés énumérées semblent les toucher de manière plus spécifique.

-  Comprendre les comportements délictueux : dans 70’ conscience de l’infraction et du risque de sanction. Aujourd’hui cette conscience est modifiée par un fort sentiment de légitimité de l’acte délictueux, soit qu’il se justifie par la situation d’injustice sociale, soit qu’il le soit en réaction à des provocations sociales.
-  Sont-ils en perte de repère ? Non. Les repères sont moins visibles, mais ils existent et sont ceux qui structurent notre société capitaliste : le paraître, l’argent et la loi du plus fort.
-  L’arnaque du contrat social : un contrat où les engagements de la société ne sont pas tenus, que les jeunes ne veulent plus accepter après s’être fait "enflés " pendant des années (Ca a commencé par leurs pères…). La période symbolique de la scolarisation, et la réalité de la non-intégration sociale (emploi, logement…). Assimilation culturelle et non intégration sociale (aggravée par un clivage culturel traumatique).
-  Aspirations à une reconnaissance, à la fois dans leurs identités culturelles, et dans leurs pratiques de vie (les lieux qu’ils occupent…).Respect et dignité.

Les adultes :

-  Conflit inter génération : les adultes ne comprennent plus les jeunes et leur reprochent leurs comportements et attitudes.(bruit, occupation des caves, cages d’escalier). Sentiment de méfiance, de peur à leur égard.

-  Clivages plus ou moins forts, entre anciens et nouveaux habitants de ces quartiers.

Les politiques spécifiques aux quartiers

-  Ces politiques peuvent être des outils d’intervention, mais la qualité de celle-ci est dépendante de l’existence d’une réelle volonté politique.
-  Ces politiques spécifiques, assises sur des zonages, participent de la stigmatisation de ces espaces (et contribuent à leur donner un rôle de bouc émissaire des problèmes de la ville) Question de la légitimité et de la fonction de ces politiques qui amènent souvent à perdre de vue le droit commun.
-  Un ensemble de politiques qui constituent un véritable empilement sans mise en cohérence ni approche de globalité. Elles conduisent généralement à un renchérissement des actions menées, et peuvent servir indirectement les intérêts particuliers de certains (ex les bailleurs sociaux qui revalorisent à bon compte leur patrimoine). Elles se résument trop souvent à des actions de prestige, ou à des actions à visées électoralistes. Elles s’organisent sous la forme d’une délégation d’action à des associations qui viennent en substitution des services municipaux. Des services publics assumés par des emplois précaires (ex : régie de quartier, Vivre en ville…)

Les associations

Quelle est leur place et leur rôle dans le développement local de ces quartiers ? Pourquoi échouent t-elles dans les quartiers ? Problèmes soulevés : Un rapport à la municipalité organisé sur le mode du clientélisme et qui conduit à un mouvement d’autocensure des associations. Faible marge de manoeuvre. Le problème de leur financement sur projet empêche un travail de fond et son inscription dans le temps. L’historique des rapports aux institutions : des années 60’, 70’ où toute initiative de terrain était étouffée, aux années 80’ où elles ont été appelées à combler les brèches (ex : de l’occupationnel occasionnel, "opération anti été chaud ", à l’occupationnel en continu…). D’où la nécessité de libérer les initiatives, et d’y consacrer les moyens nécessaires.

Un problème majeur et lancinant : le logement

La politique de logement social et son institution municipale : l’OPAC. Les difficultés d’accès au logement social de qualité. La gestion problématique des mutations. L’aberration budgétaire : 40 millions d’excédents, 120 millions de placement en bons du trésor pour l’exercice 1999. Le principe inadmissible d’une politique du logement social "au moindre coût " : l’exemple des personnels de proximité (à Empalot, pour 7000 logements, 8 gardiens occupés à des taches de nettoyage).

PROPOSITIONS

Des propositions qu’il nous faut débattre approfondir et compléter

-  Faire une priorité de cette question : à Motivé-e-s. au sein des élections municipales comme un des enjeux majeurs dans la politique de la ville(avec plus d’efforts financiers, sociaux, de formation.)

-  Arrêter les politiques de la ville spécifiques avec un retour au droit commun
-  Rendre ces lieux attractifs (multiplication d’initiatives culturelles, artistiques comme Racine, Ca bouge aux Nord)
-  Créer des lieux citoyens (de rencontre, d’échange, de débat...)
-  Nécessité de recréer du lien social, mais comment ? (Les seuls espaces cités ci dessus peuvent ils suffire ?)
-  Créer des lieux de culte

Commission "Ma ville est un monde"

Solidarités entre TOULOUSE et le monde rural //
Groupe " Solidarité internationale " //
Groupe "Solidarités locales" //
Réunion du 13 novembre 2000

Commission "Pour une société non sexiste"

L’UNE CHANTE, L’AUTRE PAS... //
Commission pour une société non sexiste 18.12.00 //
Compte rendu de la réunion du mardi 12/12/00 //
Réunion du 9 janvier 2001

Commission "Quartiers et politique de la ville"

MOTIVE-E-S À NOTRE SANTE… //
Etats généraux du 4 février 2001 //
Compte-rendu de la commission du 10 janvier 2001. Les "cités " //
2ème réunion du mercredi 15 novembre 2000 //
1ère réunion du mercredi 8 novembre 2000

La campagne

Paroles de "Allez ouste !" //
Une liste pour Toulouse //
Texte fondateur de la liste "Motivé-e-s"

Les candidat-e-s

Ils-elles sont cadidat-e-s sur la liste Motivé-e-s //
MOTIVE-E-S : la liste

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