Interventions du 25 mars 2005 : Police Municipale et GPV

Première mise en ligne : 8 septembre 2006

On les met en pièce jointe, et en voilà le texte en dessous.

Police Municipale

CM 25 mars 2005 – Police Municipale Grâce à cette délibération sur la convention de coordination entre la Police Nationale et la Municipale, nous apprenons de façon officielle que vous avez décidé d’armer la police municipale. Et c’est là la façon dont vous avez décidé de clore l’extraordinaire démarche de concertation engagée avec les partenaires sociaux, et le conseil municipal, en omettant, mais c’est un détail, d’engager le débat avec les habitant-e-s de Toulouse.

Lors d’échanges avec des syndicalistes municipaux, des représentants associatifs, des travailleurs sociaux, des habitant-e-s, nous avons pu nous rendre compte (avec/comme les autres groupes de l’opposition) à quel point, votre vison des problématiques de sécurité se fait par le petit bout de la lorgnette et à quel point votre sens de la demi-mesure est sans égal. Vous armez la police municipale, mais la nuit seulement, et seulement ceux qui le souhaitent. Ayez le courage de vos opinions M. le Maire, vous souhaitez engager une politique sécuritaire digne de M. Sarkozy, le mieux est de l’assumer au lieu de vous défausser de votre responsabilité sur les policiers en leur donnant soi disant le choix alors que vous sommez ceux qui ne souhaiteront pas être armés de s’expliquer par écrit, pendant que l’on leur laisse entendre oralement dans leur service tout ce qu’ils auront à perdre (prime de fonction) s’ils ne souhaitent pas être armés. Drôle de conception du dialogue social.

Au-delà de l’armement les policiers municipaux ont des revendications sociales et salariales que vous refusez d’entendre. Pourtant vous allez dégager un budget conséquent pour l’armement. Pourtant continuez d’employer un contractuel, (un gendarme à la retraite grassement payé), pour diriger la police municipale. Là aussi on est en droit de se demander où est la garantie de neutralité de la Police, alors que le directeur est ordre du bon vouloir électoral du Maire. Certains de vos policiers municipaux le qualifient même de « mercenaire ».

Il est intéressant d’ailleurs de mettre en perspective, les différentes démarches que vous avez entreprises sur ce thème là pour comprendre votre vision angoissée de la ville.

En effet nous apprenons (toujours par la presse, car en matière de démocratie municipale ce qui est important pour vous c’est la communication) que vous réfléchissez à la vidéo surveillance. Nous voyons monsieur Raynal s’agiter beaucoup ces temps derniers, pour chasser le noctambule hors de la ville, nous avons vu madame Baylé enquêter et solliciter les membres de sa commission consultative de quartier et les associations de commerçants pour qu’ils dénoncent des vendeurs de kebabs ouverts la nuit… Vous persistez malgré vos promesses à laisser sans réponses le collectif des SDF qui vous avait interpellé, mais c’est vrai l’hiver se termine, et on les verra moins dans la presse… Le collectif « résistance à la délation » vous a sollicité, là aussi pas de réponse, alors que les enjeux du projet de loi de prévention de la délinquance en matière de responsabilité du Maire sont énormes et que votre prise de position est essentielle pour les travailleurs sociaux toulousains. A moins que ce silence, ne masque votre approbation pour un projet de loi qui vous permettra de disposer d’informations confidentielles sur des familles en situation difficile, de ficher les SDF…

Toutes ces "pistes" que vous avez ouvertes, vous voulez les évaluer à partir d’expériences menées dans d’autres villes. Vous revenez de Montpellier, ville labélisée "excellence" dans la chasse au SDF. Votre prochaine étape : Cannes. Et là, il n’y a aucun doute sur l’ampleur sécuritaire de la politique municipale. La ville de Michel Mouillot, belle référence ! Lors de cette étape, profitez-en pour vous intéressez à la situation des casinos…

Quand on fait le lien entre toutes ces questions, on obtient un projet sécuritaire, voire autoritaire qui vous permettra sans doute lors de prochaines échéances électorales de pouvoir encore une fois surfer sur les peurs et faire oublier le calamiteux bilan social de cette mandature et le probable échec du GPV.

Mais vous aurez satisfait votre zone de chalandage électoral, car il faut remarquer que votre vigilance à assurer la tranquillité des habitants se limite au centre ville, et que concernant les quartiers populaires, il vaut mieux ne pas se poser de questions et laisser les habitants subir les excès de jeunes excités et de CRS qui le sont tout autant.

Dans une ville comme Toulouse les problèmes existent et la police municipale a un rôle. Mais, au moment où l’on fait semblant de débattre sur les missions de la police municipale, on peut vraiment s’interroger sur les demandes auxquelles vous choisissez de répondre. Il y a d’autres demandes, qui sont d’une autre nature. Nous voyons bien votre volonté de rendre visible votre réponse. Mais nous nous interrogeons sur la place que prend cette visibilité et nous voyons bien que cela devient l’objectif principal de la réponse.

Vous voulez faire passer une telle attitude comme responsable, raisonnable. Mais toutes les réponses ne se valent pas. Etre responsable c’est partir de la réalité, pas du fantasme. La réalité est celle d’un contexte urbain, d’une quasi-métropole, une ville fière par ailleurs de compter 110 000 étudiant-e-s, fière aussi de son identité latine, de sa tradition festive, de sa culture musicale…

Les situations auxquelles vous apportez des réponses ne révèlent pas toutes un problème de sécurité. Bien souvent il s’agit d’un problème de concitoyenneté, de vivre ensemble la ville, de concilier les contraintes. Par exemple il n’y a pas d’infraction de principe à vivre la ville la nuit dans ces zones où elle s’organise. Sans contexte a priori d’infraction, sans qu’il n’y ait de problème de sécurité, sans qu’il n’y ait de problème de stationnement et de circulation… pourquoi construire la réponse autour d’un dispositif policier ?

Il y a une incohérence qui doit interroger tout le monde. On ne peut pas définir systématiquement de nouvelles missions qui ne correspondent pas à la fonction première de la police municipale. Surtout dans le moment où l’on décide d’armer la police municipale… Il y a là une évolution inquiétante.

Communication, sensibilisation, médiation… ça existe et ça ne doit pas être exercé par des forces de police armées. En prenant la mesure des choses, sans céder au fantasme, on voit bien qu’il existe d’autres réponses, proportionnées et en rapport avec la nature du problème.

Nourrir une telle culture, engager des actions de médiation de proximité, soutenir les riverains dans l’équipement d’isolation phonique quand c’est nécessaire, réserver les interventions policières lors de la commission d’infractions, ça peut être ça aussi une attitude responsable.

Cette convention nous ne la voterons pas, elle est imprécise, en l’état c’est la porte ouverte à toutes les confusions, vous n’avez rien réglé votre copie est à revoir.

GPV CM 25 mars 2005

Intervention sur le GPV

La délibération 18, qui porte sur le plan de financement de deux projets, l’un à Bellefontaine et l’autre à Empalot au titre de Grand Projet de Ville, nous incite à nouveau à mettre en lumière l’autoritarisme et l’unilatéralisme de la Ville dans la façon dont ce dossier est géré depuis le début. Il ne s’agit plus aujourd’hui, même si ce point reste plus pertinent que jamais, de déplorer l’absence de participation des habitant-e-s à toutes les étapes de l’élaboration du GPV, participation qui reste pourtant une condition incontournable de sa réussite. A ce jour, les conventions ANRU d’Empalot et celle du Mirail sont bloquées. Les autres collectivités, écartées de toute concertation, refusent d’engager des sommes dont elles ne connaissent pas le détail des opérations, qu’il s’agisse des maîtrises d’ouvrage ou de leur répartition financière et calendaire. Par courrier dont nous avons reçu copie, respectivement en date des 27 et 28 décembre 2004, les Présidents des Conseils Régional et Général ont tous deux déploré l’absence de concertation et la non- communication des dossiers. En outre, ils remettent en question le caractère arbitraire et opaque de l’évaluation du surcoût de 21,58M€ dans les investissements à réaliser, ainsi que la façon unilatérale dont vous avez décidé de la répartition de ce surcoût. Alors, quel sens donner à cette délibération qui porte sur deux réalisations, alors que c’est l’ensemble de la convention ANRU pour ce quartier qui est bloquée ? A nos yeux, cette attitude ne fait, hélas, que confirmer le peu d’importance que vous accordez au travail partenarial dans l’élaboration d’un projet qui nécessiterait une vision globale, plutôt qu’une politique du ’patchwork’.

Nous aimerions aussi attirer votre attention sur le désarroi éprouvé quotidiennement par les habitant-e-s des quartiers concernés par le GPV. Ils et elles vivent au cœur d’un chantier permanent, sans aucune information de l’évolution des travaux. Lorsqu’ils et elles s’adressent aux institutions compétentes, il leur est quasiment impossible d’avoir des réponses précises, voire des réponses tout court, sur les démolitions et reconstructions prévues. Une démolition aura-t-elle lieu, et si oui, quand ? Y aura-t-il reconstruction ? Quand ? … Les seules certitudes sont données par-rapport à ce qui a déjà été fait. Ces incertitudes ne font que renforcer le sentiment de désarroi et d’angoisse dans lequel vivent les habitant-e-s, car elles renforcent encore les conditions délétères dans lesquelles ils et elles vivent : ascenseurs hors service, radiateurs et robinetterie plus entretenus, etc… Et aucun des logements sociaux détruits n’a à ce jour été reconstruit, dans une ville où le taux de logements sociaux est inférieur à celui préconisé par la loi Besson.

A cela vient s’ajouter la présence permanente d’un dispositif policier, notamment dans le quartier Mirail-Reynerie. Ce dispositif se traduit par des contrôles systématiques à longueur de journée sur tous les points d’accès à ces quartiers et à chaque rond-point dans les quartiers-même, de sorte que les habitant-e-s ont l’impression de vivre en état de siège permanent, et alors même que la présence policière ne contribue nullement à apaiser les insécurités et anxiétés qui sont les leurs, bien au contraire. Il est d’ailleurs fréquent que les élèves arrivent en retard à leur collège ou lycée, à cause de ces contrôles à répétition.

Voilà. Nous aimerions savoir, Monsieur le Maire, si vous êtes bien conscient des répercussions que tout cela peut avoir sur l’état psychologique des habitant-e-s de ces quartiers, si vous êtes bien conscient de l’état d’anxiété permanente dans lequel ils et elles vivent…

Au-delà de la dimension humaine et sociale, l’absence de cohérence globale et les problèmes institutionnels et politiques qui viennent d’être évoqués ne peuvent qu’alimenter nos inquiétudes sur un projet qui, nous le disons depuis longtemps, fonce droit dans le mur.


IL’intervention sur le GPV


L’intervention sur la Police Municipale

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