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En préambule, il ne faut pas trop s’autoflageller : n’oublions pas que le bilan de Motivé-e-s est loin d’être entièrement négatif. Il suffit de citer notre implication dans l’après AZF, le projet de délégation en Palestine, notre journal, ainsi que le journal des élu-e-s, notre site Internet qui suscite l’admiration de beaucoup, etc. Donc, on ne peut pas dire qu’on ne fait rien.
De plus, la catastrophe toulousaine a détourné notre mobilisation et momentanément occulté la réflexion sur les grands axes qui sont ressortis des Diversités d’été.
Néanmoins, un an après la campagne des municipales, l’heure du bilan est venue.
Le but du travail de cet après-midi, c’est que chaque commission / groupe de travail s’efforce de proposer des actions concrètes.
1) Mobilisation et structuration.
Où sont les Motivé-e-s ? La mayonnaise a du mal à prendre : pourquoi ?
Beaucoup font déjà partie d’associations hors Motivé-e-s et ont des implications diverses (famille, boulot …) qui réduisent leur disponibilité et leur engagement.
Quoi qu’il en soit, les commissions thématiques telles qu’elles fonctionnent ( ?) n’ont pas vraiment mobilisé les adhérent-e-s. Plus généralement, et hormis l’AG, il n’existe pas de liens transversaux au sein du mouvement. Il manque une articulation réelle entre l’AG et le CA.
Ce 1er point concerne la journée de demain.
2) Orientations politiques
Maintenant que la campagne des municipales est terminée, nous n’avons plus d’objectifs clairement définis. Ceci concerne aussi bien la façon dont le débat politique est perçu en interne (manque d’une vision cohérente) que les objectifs politiques et modalités d’action.
Quelle est notre "lecture idéologique" par-rapport aux domaines culturel, économique et social ? Quelle(s) stratégie(s) faut-il mettre en place pour y répondre ?
Comment devons-nous porter notre projet démocratique ? Comment "faire autrement" ? Motivé-e-s a perdu de vue sa position radicale originelle (cf électrons libres non oxydés) et s’est laissé enfermer dans un radicalisme mou et une certaine frilosité. Où est passée notre "impertinence" ? En dehors du cadre municipal (autour des élu-e-s), le groupe Motivé-e-s doit retrouver son "impertinence", un de nos principaux atouts pendant la campagne municipale.
Mais l’action peut-elle être menée sans la connaissance des pratiques politiques officielles à Toulouse, ainsi que celles du réseau associatif ? Et Que pouvons-nous faire sans apprentissage politique ? Une réflexion est à lancer sur les méthodes d’autoformation.
Quelques propositions :
Etablir une liste de thèmes sur lesquels on se positionne de façon spécifiquement Motivé-e-s, et dont l’ensemble constituerait une plateforme politique ad hoc ?
Ceci pourrait se faire en organisant des réunions publiques sur des thèmes différents et dans des quartiers différents (cf point n° 4), avec participation active des habitant-e-s à l’élaboration de la thématique.
Quoi qu’il en soit, nous avons besoin d’une assise politique qui apporterait une cohérence à nos orientations et actions politiques, même si c’est la non spécificité qui fait la richesse de Motivé-e-s..
3) Pratiques politiques : quelle(s) action(s) ?
On manque d’impertinence, mais aussi de pertinence dans notre action, parce que :
le processus décisionnel est trop long (problème de fonctionnement / structuration en interne à résoudre).
il n’y a pas assez de vigilance ni de réactivité par rapport à l’actualité et aux thèmes sur lesquels on devrait réagir sans attendre. Motivé-e-s manque donc aussi de visibilité. Par exemple, par-rapport à la chute récente de la bourse et au débat sur les retraites et les fonds de pension, pourquoi ne disons-nous pas ;"mais, si la bourse baisse, alors les retraites baisseront aussi si ce système est adopté…" ? Autre exemple : Au sujet de Serge Didier ("théorie" de l’attentat), on n’a pas assez réagi en tant que Motivé-e-s.
Les initiatives devaient émaner des commissions (propositions au CA), mais ceci n’a pas été le cas. Les commissions ne jouent pas leur rôle tactique et stratégique. Une partie du problème est que de nombreux sujets échappent à leur domaine de réflexion (domaine economique, etc).
On peut espérer que le groupe de travail sur l’actualité comblera ces lacunes. Le CA pourrait peut-être aussi se poser la question toutes les semaines : quels sont les points saillants de l’actualité qui mériteraient notre attention particulière, et quelles décisions prendre ?
* pour le moment, nos pratiques politiques sont limitées à notre participation aux collectifs et aux actions menées par ceux-ci (manifs, etc). Rien de percutant n’émane véritablement de Motivé-e-s en tant que groupe politique. Quelle est notre place, entre les partis politiques et les collectifs et associations (les mouvements sociaux en général) ? Quelle articulation politico-sociale donner à notre mouvement ?
Comment avoir un impact sur le débat politique sans nécessairement nous couler dans le moule de la politique institutionnelle ? Comment être visibles, et faire porter notre parole, faire entendre notre position ?
Et quel est le rôle du culturel dans l’action et la réflexion Motivé-e-s (c’était une de nos particularités pendant la campagne électorale) ?
Quelques propositions :
Un projet central, propre à Motivé-e-s, qui soit à la fois festif et politique, un projet visible qui nous fédère autour de certains thèmes. Donc, un projet Motivé-e-s motivant ?
Comment ? Par exemple, en organisant des débats axés sur des thèmes primordiaux comme la démocratie, l’antisexisme, l’insécurité … ?
Cela pourrait se faire en tandem avec le Tactikollectif, ou en partenariat avec des collectifs et associations (Plus Jamais Ca, le Couac, etc). On pourrait reprendre l’idée du repas de quartier organisé lors de la campagne électorale, et qui a connu un grand succès : un débat thématique suivi d’un repas de quartier, et d’une fête (musique, etc)
Dans le cadre du débat politique de ces prochaines mois, un détournement du message sécuritaire véhiculé par le discours dominant : à travailler avec des partis politiques, associations, etc ?
4) Motivé-e-s et les habitant-e-s
Manque de contacts avec les quartiers géographiques. Or, l’action doit se situer aussi, et peut-être même surtout, sur ces lieux-là. Il faudrait multiplier le type d’action menée par Christine Rousse et Moukhad ( ?) sur le quartier de la Reynerie. De façon générale, comment établir des liens avec les quartiers ? Doit-on envisager la création de groupes locaux sur les lieux géographiques ?
Implication des habitant-e-s. Il ne faut pas non plus perdre de vue ce point fondamental. Comment fédérer et mobiliser les habitant-e-s autour de thèmes spécifiques ?
Ne faudrait-il pas se focaliser sur l’amélioration et l’appropriation des espaces de vie et de débat pour les habitant-e-s ?
Quelques propositions :
Délocaliser notre action :
cf propositions faites en 2 et en 3.
En l’absence de locaux, mettre en place des permanences hebdomadaires à l’extérieur, soit dans des locaux associatifs existants, ou en installant un "stand" Motivé-e-s sur les marchés et autres lieux de vie, dans le but de créer une dynamique qui n’existe pas encore ?
Encourager des Motivé-e-s résidant localement à créer des groupes locaux, et créer ainsi un réseau Motivé-e-s ancré localement ?
5) Le local : on en a parlé, et reparlé, mais rien n’a été fait. Or, ceci devrait être une priorité. Un local associatif, lieu de rencontres, de débats et de convivialité. Qu’est-ce qu’on a envie de voir dedans, et à quoi doit-il servir ?
Quelques propositions :
Un local qui serait aussi un bar associatif (certains soirs), une bibliothèque / salle de lecture et d’autoformation, où il y aurait un point d’accès gratuit à Internet … ?
6) Débat de ce soir : les échéances électorales :
Dans le contexte électoral, pouvons-nous être visibles pendant les élections sans y participer ? De façon très synthétique, voici les arguments concernant les élections :
Pour certain-e-s, une participation des Motivé-e-s est essentielle, car c’est la seule façon de faire connaître notre position sur les gands thèmes autour desquels va s’articuler le débat (principalement l’insécurité), tout en y apportant des thèmes qui nous sont chers, mais qui en seront occultés si l’on n’y prend pas part (racisme, problèmes liés à la post-colonisation - post-immigration ? - sexisme, sans-papiers, loi Vaillant et démocratie, quel projet de société ? etc…)
Pour d’autres, Motivé-e-s ne doit pas participer en se coulant dans le moule institutionnel, mais doit le faire autrement. Pour que cette position soit tenable, il convient d’investir ce terme, "autrement", de significations précises. De quelle encre allons-nous remplir cette cartouche ? Quels moyens concrets, quelles formes d’action, pourraient nous permettre de réaliser nos objectifs ? Il s’agit d’élaborer une stratégie d’action qui, sans pour autant nous rendre dépendant-e-s des médias, tient compte du fait que la visibilité passe le plus souvent par eux …
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