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En introduction au débat, lecture d’un article de Laurent Mucchielli (sociologue).
La discussion s’ouvre à partir de trois éléments :
· Question centrale qui est posée : celle des français-e-s issu-e-s de l’immigration et de leur accès à la parole et à la représentation politique, en lien avec la question post-coloniale.
· Constat est fait que la gauche permet à la fois l’émergence de mouvements (marche des beurs des années 80) , mais pour mieux les récupérer : les "institutions" absorbent les personnes d’origine étrangère, pour en faire des "beurs, blacks..." de service, (cf. SOS Racisme, France Plus...)
· Motivé-e-s peut être un mouvement politique capable de répondre à ces questions, de résister à une approche "coloniale" en permettant l’existence d’un espace autonome dans le débat politique. L’intérêt serait la présence dans le débat public de ces questions de manière globale, et non comme une question spécifique, avec un traitement spécifique.
S’ensuivent une série de remarques, questions, réflexions :
· question des personnes de nationalité étrangère, de leurs conditions d’existence, d’autant que se profile un "retour" de la politique d’immigration, poussée par le patronat, pour faire venir de la main-d’œuvre étrangère = traitement économique.
Rappel qu’il a existé et existe toujours un traitement différencié des immigré-e-s en fonction de leur pays d’origine, d’où l’importance de la question coloniale, et de la représentation que la société a des "vaincu-e-s", c’est-à-dire des ex-colonisé-e-s.
· Au niveau juridique : Accès aux droits et à la citoyenneté. Les lois sont les mêmes pour tous/toutes, mais ne sont pas appliquées de la même façon. Par exemple, il y a un combat à mener sur le racisme comme délit, et exiger l’application des lois. Comment travailler sur l’existence d’un racisme larvé dans la police, l’éducation nationale...
· Question du lien entre citoyenneté et nationalité : le fait de se centrer sur la lutte contre les discriminations à l’encontre des français-es- issu-e-s de l’immigration, ne permet pas de remettre en cause le lien qui existe aujourd’hui entre citoyenneté et nationalité...nécessité donc de réfléchir à cet élément. On reste à l’heure actuelle dans une vision coloniale due aux liens historiques de la France avec ses anciennes colonies. C’est aussi à relier avec les rapports Nord-Sud, et la "mondialisation" notamment au niveau économique.
· Rapport colonisation / oppression / domination qui perdure. Quelle place pour les questions d’identité ? pour les "d’origine française", c’est une question d’oppression, pour les "d’origine étrangère" la question de l’identité se pose de manière forte, difficile de l’évacuer (quand "c’est écrit sur ta gueule...")
· Question de la nationalité, qu’est-ce que ça signifie pour chacun-e d’entre nous ? Avoir la nationalité française c’est une chance, car protection d’un pays riche, "fort". est-ce qu’on se sent français-e ? que peut signifier la revendication ou au contraire le déni de sa nationalité, de ses origines ethniques et/ou culturelles ? (ex : paradoxe des jeunes qui ne veulent pas être français et revendiquent leur appartenance à leur pays d’origine).
· Comment instaurer un rapport de force politique, et quels moyens avons-nous d’instaurer ce rapport de force, pour la défense des intérêts et la lutte contre le racisme ? lutter pour la reconnaissance et l’obtention de l’application des droits. L’action positive (ou discrimination positive), qu’en pensons-nous ? les quotas ?
· Réfléchir sur la question du multiculturalisme...réinterroger le modèle d’intégration à la française", modèle assimilationniste, qui ne reconnaît pas les identités, le métissage. La question à se poser est pourquoi les dominants refusent l’égalité des droits et non se poser la question de l’intégration, c’est lié à une absence de volonté politique de régler le problème.
Réfléchir à une position interculturelle liée à une revendication politique et économique qui ne soit fondée ni sur le modèle français d’intégration assimilationniste, ni sur le modèle communautariste anglo-saxon.
· Regret qu’il n’existe pas de mouvement regroupant des personnes issu-e-s de l’immigration qui permettrait de ne pas être noyé, un peu comme le mouvement autonome des femmes, organisé collectivement. Limites de ce type de mouvement : risque d’enfermement communautaire (différent de la question des femmes qui est plus transversale)
D’où la nécessité de réfléchir aux alliances possibles...(à creuser)
· Question du territoire, du quartier, de la banlieue : attention de ne pas penser l’immigration uniquement dans les quartiers, il existe des personnes immigré-e-s ou issu-e-s de l’immigration qui vivent ailleurs ! de plus l’approche quartier, est une approche qui a tendance à victimiser les personnes qui y vivent, et risque d’ethniciser des débats, des problèmes qui sont d’ordre social, politique ou économique....
· Proposition de la projection en interne d’un film qui retrace la politique coloniale de la France et les représentations qui continuent à être véhiculées...riche d’enseignements !
Ces questions restent à réfléchir, débattre, ...des actions sont à envisager...
Nous vous y invitons le lundi 28 janvier 2002, à 18h30 au Tactikollectif
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