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Editorial : Toulouse, 1ère circonscription
Les Motivé-e-s aux élections législatives ! Fallait s’y attendre. Avec ce qu’on a vécu aux Présidentielles... Après coup on a dit : "Misère démocratique !" A trop vouloir mener la politique de l’autruche, on a vu quel genre de rapace sort des urnes !
On a besoin de débats, d’échanges politiques. Sur l’insécurité, par exemple. D’accord, mais sur toutes les insécurités. Alors, on y va !
Sur la première circonscription, celle du centre, celle de Douste, celle que tout le monde regarde. On y va sans calcul, sans tractation, juste pour porter nos questions dans le débat. On ne vise pas Matignon, ni un ministère, ni la Présidence de l’Assemblée... Comme Douste-Majax qui est tant attaché à Toulouse...
Nous, on n’y va pas pour la prestidigitation mais pour la politique, la vraie. Celle qui concerne la vie des plus ou moins jeunes, des exclus, des chômeurs, des femmes, des immigrés, des sans-papiers, des sans-toit, des sans-boulots, des sans-droits, des sans-avenir ... et puis de toutes celles et de tous ceux qui veulent se faire entendre sans démagogie. On y va comme aux Municipales et pas pour jouer les figurant-e-s.
D’ailleurs, si on obtient les 12,5% dès le premier tour, on se maintiendra pour aller jusqu’au bout ! Dans le cas contraire, on ne donnera pas de consignes de vote sauf si le FN devient trop menaçant.
On entend pas mal dire "Votez utile !". On se présente sur une circonscription. Il y en a 576 autres en France... Une candidature citoyenne, sur une circonscription à Toulouse.
Ca peut être utile de faire un vote citoyen. Non ? Ca peut être utile aussi d’être Motivé-e-s.
DEMOCRATIE
A la politique, citoyennes
Ce n’est pas qu’un mot. La démocratie n’est jamais acquis et ne se décrète pas. C’est au moins donner envie aux citoyen-ne-s de se reconnaître et de participer au débat politique. Donner des moyens, des lieux et des temps à celles et ceux qui font vivre la démocratie. Nourrir, faire vivre le débat, en favorisant les expressions citoyennes, en associant les acteurs collectifs que sont les associations, les syndicats…, le tout dans l’élaboration et la décision de nos règles communes.
Citoyenneté, participation, rien de bien nouveau dans ce que Motivé-e-s dit.
Mais quand même. Plus que nulle part ailleurs, l’Assemblée Nationale est le lieu de la politique professionnelle, le lieu où le jeu des partis étouffe la démocratie. Qui représente qui ? Dans quelles conditions nous représente t’on ?
Et surtout, sans faire les malin-e-s, on trouve dans ce qui s’est passé depuis un an des raisons de penser qu’on n’est pas complètement à côté de la plaque. La dernière élection présidentielle montre un système politique à bout de souffle qui peut n’offrir le choix qu’entre Le Pen et Chirac, et nous donner un Président élu à 82%. Belle Démocratie !
Dans ce contexte, on a du mal à se contenter de "presque rien" : comme la Démocratie de Proximité de la loi Vaillant du précédent gouvernement, mise en place avec beaucoup de bruit par Douste. Ou encore de la pseudo-participation avancée par le même dans le cadre du Grand Projet de Ville. On pourrait dire que ça nous fait rigoler, mais même pas.
Ce qui nous importe, c’est la mobilisation citoyenne. Son existence est la condition de la démocratie. Et elle peut exister, on l’a rencontrée. Après l’explosion d’AZF, que ce soit en solidarité ou en colère. On l’a surtout vue entre les deux tours de l’élection présidentielles. C’est cette mobilisation, jeune, métissée, responsable et joyeuse, qui a permis le résultat du deuxième tour. C’est elle aussi qui nous apportera plus de démocratie.
La démocratie de proximité, on y croit !
A quand de véritables mairies d’arrondissement à Toulouse comme à Paris, à Lyon et à Marseille ? A quand de véritables élu-e-s de proximité, réellement porteurs des aspirations citoyennes ? Toulouse ne voit toujours rien venir … quoiqu’en disent Douste-Blazy et ses vrais-faux maires de quartier.
Pour nous, la démocratie locale (la vraie), passe par une inévitable remise en question des pratiques politiques habituelles. Sinon, comment pouvoir œuvrer efficacement pour l’égalité en droit de toutes et de tous (logement, santé, éducation, culturel, travail …) ?
On pense qu’il faut accorder le droit de vote à tout-e-s les citoyenn-e-s y compris aux résident-e-s étranger-e-s demeurant dans la cité. Ne laissons pas l’isolement et la ghettoïsation l’emporter. Il faut favoriser la rencontre entre les habitant-e-s, le lien et la mixité sociale … terreau de la démocratie et des initiatives citoyennes.
Les habitant-e-s ont toute la légitimité pour constituer des comités de quartier. Il faut donc officialiser les interpellations et les initiatives habitantes et contraindre les élu-e-s à en faire une étude systématique et exhaustive. Et donner la parole à toutes celles et tous ceux qui la réclament.
Ouvrons de larges débats publics sur les questions transversales (transports, logement, environnement …) qui ne doivent pas revenir seulement aux élu-e-s. Les référendums d’initiative populaire doivent être organisés. Et pour que les associations et les syndicats exercent un réel contre-pouvoir, il faut leur donner les moyens de valoriser leurs compétences et leurs idées. Enfin, permettons aux élu-e-s de l’opposition de prendre part à l’animation du débat public. Actuellement, les permanences dans les mairies annexes leur sont interdites ainsi qu’une représentation à l’agglomération.
Citoyen-nes en colère contre la réouverture du site
Sécurité ? démocratie ? enjeu majeur pour Toulouse. Tout le monde peut subir un accident industriel majeur, tel l’explosion d’AZF, peu de monde en revanche pourra participer à la décision concernant l’avenir du site (avec la société nationale des poudres et explosifs (SNPE), ses filiales, son phosgène, ...).
Quiconque a voulu trouver les informations, étudier les dossiers , montrer les failles et contredire les expertises d’évaluation de dangers, exprimer son opposition à un tel redémarrage, a bien du mérite face à cet épuisant parcours du combattant.
La SNPE (dont l’état est actionnaire à plus de 90/100) a affiché un véritable mépris pour les habitant-e-s :
Elle veut quasiment tout reprendre "comme avant, même si elle le présente "autrement."
Elle ne conçoit pas son avenir sans phosgène,
Dans le projet partiel sans phosgène, les risques pour la population (Z.2) dépassent déjà 1,5 Km officiellement),
Elle refuse de présenter son projet dans sa globalité,
Elle ne dévoile ses perspectives futures ni aux riverain-e-s, ni aux salarié-e-s.
Située sous un couloir aérien, en zone inondable, et après l’onde sismique dû à l’explosion, la SNPE continue à minimiser les dangers.
Total doit payer pour tous et toutes les sinistré-e-s, et salarié-e-s touché-e-s par l’énorme catastrophe du 21 septembre ! Toulouse doit pouvoir dormir tranquille.
Motivé-e-s demande la FERMETURE DU SITE CHIMIQUE SUD (comme la majorité de la population), sa DEPOLLUTION, ainsi que la RECONVERSION de tous les salarié-e-s .
Il a été démontré que le confinement était impossible. Les sites classés Sévéso non rien à faire en milieu urbain. L’explosion d’AZF a fait d’énormes dégâts, elle prouve qu’il vaut mieux être un grand délinquant industriel, qu’un petit voleur de mobylette et qu’il vaut mieux habiter les beaux quartiers du centre ville, que ceux concernés par le Grand Projet de Ville.
Et si on DELOCALISAIT LA SNPE A NEUILLY, la population serait-elle plus écoutée ?
IMMIGRATION
Ouvrir des portes
"Car enfin, comment justifier toutes ces assemblées monocolores ? Où sont les Françaises et les Français d’origine maghrébine, africaine, asiatique ? Va-t-on arguer, comme on le fit pour les femmes, de leur indifférence à la politique ou de leur incompétence alors qu’ils sont déjà nombreux dans le monde associatif et syndical ? Depuis plus de dix ans, nombre de Français de la deuxième ou de la troisième génération ont réussi à s’imposer dans des domaines aussi différents que les métiers intellectuels, artistiques ou sportifs. Qu’attend-on pour leur ouvrir les portes de la représentation nationale ? Non parce qu’ils sont bruns, noirs ou jaunes, mais parce que ce sont des Français ayant les mêmes compétences que les autres, aussi attachés au devenir du pays que leur concitoyens de vieille souche."
Elisabeth Badinter, Libération du 29 mai 2002.
La double peine : une peine coloniale
(Extrait d’un texte de Saïd Bouamama, sociologue) :
"Un des apports essentiel de 1789 est l’affirmation de l’universalité du droit. Un droit n’est réellement un droit que s’il s’applique de manière universelle c’est à dire à tous. Or par principe la double-peine ne pouvant s’appliquer qu’aux étrangers de nationalité, une discrimination légale est ainsi posée. La légalité devient de ce fait contraire au principe du droit.(...)
Il est évident que la double-peine se traduisant par un éloignement géographique a des conséquences inévitables sur la vie privée et familiale des victimes de la double-peine. Des familles sont ainsi séparées, des trajectoires sont brisées, des chances de réinsertions éliminées brusquement, etc. (...)
La double-peine est un héritage du passé colonial. Elle correspond tout simplement à la pratique du bannissement de la France coloniale. De nombreux " indigènes " ont ainsi été expatriés de leurs pays parce qu’ils étaient considérés comme dangereux pour l’ordre colonial. La Nouvelle-Calédonie compte ainsi comme habitants des descendants d’algériens s’étant révoltés contre la colonisation à la fin du 19 ème siècle. Encore plus anciennement, de nombreux communards ont été expatriés en Algérie parce qu’ils étaient estimés dangereux pour l’ordre social. Aujourd’hui, le critère flou de " menace à l’ordre public " justifiant la double peine n’est qu’un héritage de ce passé colonial et antidémocratique. (...)
Ce bannissement des temps modernes ne fait que révéler le maintien d’une logique coloniale dans le traitement de l’immigration et de ses droits. C’est parce que cette logique continue d’être prédominante à droite comme à gauche que le consensus est si fort sur la double-peine. Malgré la promesse d’une abrogation par le candidat Mitterand en 1981, celle-ci est encore en vigueur et aucun candidat ne parle plus de son abrogation. Il est vrai qu’en matière d’immigration, une autre promesse de taille n’a pas été tenue : celle du droit de vote.
Le principe de base du rapport colonial est la coupure entre colonisés et colonisateurs. Chacun de ces acteurs est renvoyé à des natures différentes justifiant une inégalité de droits. Pour les uns le droit commun est posé et pour les autres un droit spécifique est inventé ( le code de l’indigénat). Les uns sont considérés comme membre de l’humanité à qui s’applique le droit et les autres sont renvoyés dans une " sous-humanité " pour laquelle un autre droit est à mettre en oeuvre.
INSECURITES
Ces discours qui nous effraient
Les discours sécuritaires qui alimentent les campagnes électorales mettent en avant principalement le droit à la sécurité pour tous. Mais de quelle sécurité nous parle-t-on ? Ces discours stigmatisent quotidiennement celles et ceux qui sont parmi les plus démuni-e-s économiquement et socialement, mais aussi les plus dépourvu-e-s d’accès à la citoyenneté : principalement, les personnes issues de l’immigration et leurs enfants. Ces discours sont dangereux car, en alimentant le sentiment d’insécurité, en pratiquant les amalgames, ils désignent des boucs émissaires et renforcent la xénophobie. En centrant le débat sur la question de la petite délinquance, ils présentent une vision réductrice de la réalité livrée à travers une lentille déformante. Derrière la petite délinquance, c’est l’arabe qu’on désigne. Dès lors, les politiques publiques de sécurité se trouvent pour objectif de policer ces sauvageons qui habitent les quartiers populaires. Comment ne pas entendre ce discours post-colonial qui revient à civiliser les « nouveaux barbares », comme ils sont parfois nommés ?
Pour nous, les insécurités sont plurielles : c’est la peur de perdre son emploi, sa maison, son lieu de vie, la peur de ne pas avoir d’avenir pour soi ou ses enfants, de ne pas pouvoir vivre sa retraite décemment, la peur d’être expulsé-e du pays où on est né-e, de tomber sur la mauvaise patrouille de police, la peur de dénoncer ses conditions de travail, la peur de manger de la vache folle et des OGM, la peur de subir des violences sexistes ou homophobes, la peur que la SNPE ou la centrale nucléaire de Golfech n’explosent comme AZF.
Pour nous, les insécurités sont plurielles, elles ont la figure des différentes oppressions. Elles disent les souffrances, les angoisses, de ceux qui ne sont pas nés homme/blanc/riche. Elles touchent surtout ceux et celles qui ne sont pas héritier-e-s d’une place confortable octroyée par le système.
L’insécurité sociale, parlons-en !
En dépit de la croissance, les inégalités, la pauvreté et la précarité se sont accrues. Le capitalisme et sa répartition scandaleuse des richesses créées en sont la cause. Acquises aux recettes libérales, la droite par nature et la gauche (l’est-elle encore ?) pour avoir vendue son âme n’ont pas répondu aux frustrations engendrées. Elles ont préféré enfourcher le discours sécuritaire d’un Le Pen ou d’un Mégret, alors qu’en matière d’insécurités, l’insécurité sociale en est une laissée en friche !
En voici quelques aspects…
Les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres.
En 20 ans, l’escarcelle du pays a grossi de 3 298 milliards de francs 99 mais les inégalités et la pauvreté n’ont pas disparu… au contraire.
Pour boucler leur fin de mois, quatre millions et demi d’hommes et de femmes galérent avec, pour une personne seule, un revenu mensuel inférieur à 564 euros (3700 f). Plus de 3 millions relèvent des minima sociaux comme, par exemple le RMI qui s’élève à 405,62 euros mensuels(2 657f), tandis qu’un million et demi d’autres survivent avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté équivalent pour une personne seule à 527,60 euros par mois (3461f).
Du côté des salariés, ce sont 10% parmi les moins bien payés qui ont vu leur pouvoir d’achat diminuer de 20% depuis 1990.
Entre Mac Do où l’anpe, il faut choisir.
On nous dit qu’il y a moins de chômage, mais 3 520 000 chômeurs au total subsistent. Et, on ne nous parle jamais de ceux et celles qui, « chom’du », le reste pendant 14,5 mois comme ceux de 1990, ni de ces 7 millions de personnes dont l’avenir se résume au « sous emploi » (préretraité-e, stagiaire formation professionnelle, contrats aidés ou encore chômeur-se trop déglingué-e pour rechercher du boulot), ni des 4 millions de précaires qui jonglent avec des emplois en intérim, en CDD, ou sont contraints, notamment les femmes (3 millions), à un travail à temps partiel, avec des salaires réduits de moitié ou à deux tiers du SMIC mensuel (1010 euros ou 6 631f) comme pour les intérimaires par exemple. Encore un chiffre, le dernier c’est juré, trois quarts des recrutements réalisés actuellement le sont sur des contrats inférieurs à 18 mois, payés, pour 60% d’entre eux/elles, moins de1 314 euros (8 619f) par mois pour 35h.
Contre l’insécurité sociale, rêvons ensemble d’autres chemins.
Si, à ce panorama couleur, nous ajoutons la question du logement ou de la santé, de l’éducation des mômes qui plombent le porte-monnaie dans lequel les talbins deviennent rarissime, comment ne pas angoisser pour l’avenir et devenir sensible aux sirènes qui vous expliquent que l’autre, la victime comme vous, est le responsable. Comment ne pas tomber dans le système D pour s’en sortir d’autant que l’impunité est de mise pour ceux qui piquent gros dans les caisses, s’offrent des vacances aux frais de la princesse !
Derrière ces quelques facettes de l’insécurité sociale, combien de drames, de frustrations, de désillusions pour des hommes et des femmes qui sont aux premières loges et qui, tombés dans la nasse, y restent longtemps, victimes d’une spirale apparaissant sans fin. Et ne parlons pas des autres rivages qu’ils soient du Nord ou du Sud, de l’Est ou de l’Ouest, partout la misère gagne et fait sa razzia de victimes.
Reste une question : pouvons-nous y remédier et comment ? Motivé-e-s et d’autres pensons que ce sont les hommes et les femmes (et non le saint esprit !) qui construisent le monde et que, par conséquent, ensemble nous sommes capables de construire d’autres chemins de solidarité, de tolérance, de partage, de justice, en lieu et place des de l’insécurité sociale que d’aucuns nous présentent comme naturelle et fatale, cachant ainsi leur intérêt égoïste et cupide.
Droit de cité-e-s.
Insécurités...
InsécuritéS avec un s... Pour toi, pour moi. Pour elle, pour lui.
Pour eux. Pour elles.
Insécurités pour tous, pour toutes, partout.
Surtout pour les plus fragiles, les moins nombreux-ses.
MinoritéS avec uns.
Dans toutes les minorités des femmes.
FemmeS avec un s.
En première ligne pour ce qui est des discriminations et des injustices.
Alors, les Motivé-e-s parlent des Insécurités à partir de ce que vivent les femmes : Dans leur vie privée ; dans leur vie professionnelle ; dans leur vie sociale :
Leurs insécurités sont les nôtres ; les leurs ; les vôtres...
VictimeS ?
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